Comment Créer Des FILLS Qui Cartonnent Dans Tes Arrangements :

Pour réussir à composer des tracks (ou des sections de lives) bien structurées, il faut savoir faire évoluer l’énergie musicale de manière pertinente…

C’est-à-dire qu’on va alterner entre des passages chargés en instrus, des passages en solo, des passages plus doux ou plus énervés en fonction de l’émotion qu’on veut transmettre aux auditeurs.

 

Selon le type de passage qu’on travaille dans un morceau, on va appliquer certains principes pour, justement, obtenir une énergie perçue qui nous satisfasse…

Voici ce qu’il en est pour les fills :


Définition et exemples de fills :

Déjà, un « fill », c’est quoi ?

C’est tout simplement un court passage au sein d’un pattern (boucle) de 16 ou de 32 temps qui se distingue du reste par ces caractéristiques :

 

– le son (roulement de snare, vocal, FX, coup de scratch…) est « isolé » du reste de la compo : le son est joué en solo (ou presque), ce qui fait qu’il « ressort » clairement du reste du pattern.

 

– Le timing d’apparition : un fill arrive en fin de pattern de 16 ou de 32 temps. Mais il n’est pas présent en fin de CHAQUE pattern (sauf cas rares) : on va l’utiliser à des endroits stratégiques pour valoriser des passages clé d’un morceau, par exemple juste avant un drop.

 

– La durée : un fill dure de 1 à 4 temps musicaux la plupart du temps. On peut en trouver sur 2 mesures (voire 4) mais c’est rare.

A noter (très important) : quelle que soit la durée du fill, il reste inclu / intégré dans la « structure musicale d’origine » : s’il dure une mesure de 4 temps, ces 4 temps font PARTI du pattern… Ce ne sont PAS 4 temps SUPPLÉMENTAIRES !!!

De la même manière : son tempo reste exactement le même que celui du reste du morceau !!

 

– Sa compo peut être totalement différente de tout le reste du morceau, notamment si on s’en sert pour attirer l’attention des auditeurs, pour les surprendre, ou encore pour amener de la variété dans le morceau.

 

Quelques exemples de fills :

 

à 1″43 => Le FX très court avant que le kick / bass n’attaque (le fameux kiki de Radium <3 ).
A 2″01 également.

 

 

à 1″58 : la voix juste après le petit roulement de kick (c’est une sorte de fill malgré qu’il y ait un léger autre son en arrière plan).

 

 

à 3″48 : la voix « ge bom, ge bom… » en solo.

 

 

à 1″26 : la voix « You blocked me on Facebook… ».
A 3″12 : les FX qui s’enchaînent avant que le kick / bass reprenne sur le pattern suivant.

Comment composer des fills qui fonctionnent :

Pour réussir tes fills, fais en sorte d’appliquer les caractéristiques qu’on vient de voir.

Le truc important c’est de bien isoler le son du fill des autres sons de la compo, donc n’hésite pas à couper totalement tout le reste (même des sons montants comme des risers / FX uplifters dans un build-up).

 

Quand tu composes, pense à « aider » le DJ qui va potentiellement mixer ta track => si ton fill est parfaitement isolé des autres sons du pattern comme je te le préconise, le DJ pourra passer sur ton fill en « cuts sec » (voir le cours n°2 de la formation DJ Padawan pour mieux comprendre).

C’est-à-dire qu’il pourra jouer QUE ton fill à n’importe quel moment de n’importe quelle autre track, ou encore il pourra s’en servir comme passage de transition entre 2 morceaux sans avoir à recourir à des techniques de mix avancées    😉

 

 

Autre chose : plus ton fill sera long, plus il aura de l’impact sur les auditeurs et sur le dancefloor, mais attention à ne pas le faire trop long ce qui nuirait au reste de ta compo !

Donc avant de le créer, pose-toi bien la question : pourquoi faire un fill à ce moment ?

Qu’est-ce que ça va apporter à la compo, et en quoi ça pourrait éventuellement nuire à la « fluidité » de l’ensemble ?

 

 

Certains artistes (comme Billx si tu t’y connais en Hardtek) arrivent à placer des sons complètement What The Fuck dans des fills, c’est-à-dire des trucs qui n’ont totalement RIEN A VOIR avec le reste de la compo, MAIS ils arrivent à faire en sorte que ça sonne bien quand même (je t’avoue que, des fois, j’ai pas d’explication, ce sont des magiciens lol !)…

A toi de voir si tu créés des fills avec des éléments qui sonnent à peu près comme le reste de la compo, ou si tu tentes un truc WTF : des fois, prendre des « risques » ça peut apporter une touche d’originalité dans ta compo… si c’est bien fait !    😉

 

Tout ça, ça dépend bien sûr de comment tu composes le reste de tes tracks (ou de tes sections de lives)…

Intégrer des fills dans tes arrangements pour améliorer tes compos :

Pour bien structurer tes musiques, il y a pas mal d’autres points à prendre en compte : on en parle en détails dans la formation sur les arrangements

Tu vas voir comment bien agencer tes pistes instrumentales pour faire évoluer l’énergie correctement tout au long de tes tracks…

 

Le but c’est d’accrocher l’auditeur dès le départ mais sans tout lui donner tout de suite…

Puis de continuer à maintenir son intérêt au fur et à mesure que ta compo évolue…

Et à certains moments, tu fais tout péter (toujours en appliquant les principes qui ont fais leurs preuves !)…

Bref, je pourrais t’en parler pendant des heures, c’est ce qu’on fait ici : http://la-guerre-des-potards.com/production-musicale-tes-morceaux-sequences-et-structures-comme-un-pro/

 

Amuse-toi bien !    😉